Le récit de la randonnée du 12 mars 2017

Aujac les Drailles Perdues

Le temps est incertain ce dimanche matin à l’esplanade, un peu frisquet mais 22 MillePattes sont là, bon œil bons pieds, prêts à transhumer sous la houlette des « Filles ». Direction les Cévennes aux confins du Gard et de l’Ardèche. Les derniers kms s’avèrent un peu « critiques » pour des estomacs vides ; juste le temps d’apercevoir le château du Cheylard au détour d’un virage et on grimpe au  col du Péras. OUF nous y voilà ! Terminus,  à côté d’une bergerie, aussitôt accueillis par un nouveau compagnon. –Je te dis que c’est un « Patou »  -- Mais non c’est un « Montagne des Pyrénées » .  D’office, il se joint à nous et connaît visiblement le chemin. L’ancienne draille, un  sentier empierré, un peu raide, s’élève vers le plateau –la Cham de Bonnevaux-. La vue est superbe sur les serres et valats de Cévennes. « Ça va Georges, t’es un peu blanc, non? »

Le chemin est dés lors agréable et facile sur les sommets arrondis, couverts de landes à moutons. Au bout de quelques kms, tout le monde s’arrête au pied de la croix pour …se restaurer ; c’est l’emplacement d’un ancien relais : la Garde de Dieu (944m). Au cairn, le sentier vire à droite à travers la forêt.  Tiens au milieu des arbres, quelles drôles de pierres debout ! Catherine, notre accompagnatrice d’un jour,  timidement, nous renseigne sur ces « statues-menhirs » gravées de « cupules » du néolithique. Un peu moins bête, la petite troupe se remet en route. Gaffe  où on met les pieds : des colonies de chenilles processionnaires descendues des nids, envahissent le chemin pour aller s’enterrer tranquillement au soleil. Au sortir de la forêt, la piste s’élargit sur les pentes douces des mamelons quand au loin « Une arène ». En fait une réserve d’eau et Marc, l’esprit potache, ne peut s’empêcher : grimpé au bord, il arrose copieusement ses petits camarades et ça l’amuse!

Il commence à faire faim. « Un peu plus loin sur les rochers… » Merci les Marie-Claude, la vue est  à couper le souffle au dessus du hameau de Coulis, loin de toute civilisation. Pas étonnant que les communautés soixante-huitardes aient voulu refaire le monde à cet endroit. Notre compagnon à quatre pattes glane miettes et caresses mais pas le temps pour la sieste : on redescend au fond de la « bonne vallée »qui a donné son nom au village de Bonnevaux. À flanc de montagne, le sentier serpente à travers une châtaigneraie typiquement cévenole  pour finir en calade jusqu’à Nojaret. Ce charmant hameau, à la fontaine rafraîchissante, expose plein sud l’ensemble harmonieux de ses jardins et de ses maisons toutes de schiste construites. Une habitante affable nous explique que cette vallée est en pleine restauration économique. « Bizarre ce jalon en plein milieu d’une fenêtre ! Pas règlementaire, non ? » On reconnaît bien là l’oeil aiguisé des baliseurs récemment formés !

Le sentier continue gentiment à descendre vers le prieuré de l’Abadié , blotti au fond de la vallée, avant de traverser le pont du même nom. « Mais Bonnevaux, c’est là-haut ». Eh oui, il faut regrimper. Ça tchatche moins…Les lacets s’enchaînent …Et dans les feuilles, c’est pas facile ! Enfin, là-haut,  la forêt s’ouvre sur la Serre des pauses. Nom providentiel . On attend les derniers pour la photo de groupe autour de la croix dont l’inscription gravée restera une énigme.

Après quelques minutes, les premières maisons du village joliment restauré et dominé par l’église St Théodorit. C’est un magnifique ouvrage de style roman du XIe en pierres de schiste, surmonté d’un clocher « à peigne » à quatre fenêtres de cloches. La légende raconte que les onze têtes qui le décorent seraient celles des onze moines qui ont évangélisé la région à partir de Bonnevaux. À l’intérieur, des lignes épurées et des proportions sobres avec pour toute décoration deux vitraux colorés.

Un dernier regard sur ce village étagé, adossé aux flancs sud-est des Cévennes, comme un balcon tourné vers la Méditerranée. Il est temps de regagner les voitures et…de quitter notre compagnon blanc, quelque peu apeuré par l’accueil de son maître. « Moi, je l’aurais bien ramené avec  moi…mais Robert ne veut pas le monter dans son coffre. »

Il commence à se faire tard. Allez on démarre. Sympa l’arrêt bistrot à Bessèges ??? Fameux le gâteau roulé de Marie Claude et le gâteau aux pommes de Mireille ! Et les merveilles d’Annick ? En fait, elles ont pris l’air des hautes cimes pour revenir à Uzès telles quelles…

Merci les « Filles » pour cette très belle rando. Super journée !.

À très vite sur les sentiers pour de nouvelles aventures.

Annick alias Red Zo