Le récit de la randonnée du 22 octobre 2017

Dions-Russan-Le Castellas

Brrrrr un peu frisquet ce matin à 8h30 à la guinguette de Dions. Polaires de mise. « Antoine, on a froid, on y va ? » On est 20, motivés , les anciens, les nouveaux, les anciennes re-nouvelles… En haut du village, le soleil nous attend pour nous mener  parmi les vignes. Un peu tôt pour goûter les vins du Domaine de l’ocre rouge ! Un petit sentier s’enfonce à droite dans la forêt … On se croirait à  Roussillon : succession de ravins couronnés de pins, cours de ruisselet à sec parmi les langues d’ocres, palette étonnante de couleurs rouge, jaune, orangée, violacée. On est dans le ravin de Fougéras, « Esfousaras » comme diraient les vieux Dionsois. Antoine, inquiet, « Mais pour remonter y a un raidillon !!! Ça va râler » Les pieds, les mains et hop tous en haut.

Juste le temps d’une photo de groupe et nous voilà repartis pour nous retrouver quelques minutes plus loin au bord d’un gouffre, que dis-je LE GOUFFRE. Celui des Espéluques ou Espeluca. La star de Dions. Impressionnant ! Ses dimensions , 150m sur 110, lui permettraient de contenir les arènes de Nîmes. On le contourne par un petit chemin. Sacs et bâtons à terre ; la descente est raide : 70 de dénivelé antre les arbres et les rochers. Au fond de l’aven, un milieu luxuriant ; le micro climat offre aux fougères un humus idéal, les chênes kermès dirigent leurs branches vers la lumière centrale, le lierre généreux décore la paroi rocheuse de ses gerbes pendantes. Quel contraste avec  la garrigue assoiffée. La caverne nous accueille dans sa pénombre, lampes frontales conseillées. On raconte que quelques spéléos nîmois adeptes de la descente y auraient passé un réveillon mémorable…Attention à ne pas glisser .Heureusement, la remontée est plus facile.

On rebrousse chemin à travers les vignes pour découvrir un peu plus loin un superbe moulin « à la Daudet ». Datant de fin XVIIIème, il a produit de la farine durant la première moitié du XIXème avant de décliner face à la mécanisation. Au printemps 2011, les agents du chantier d’insertion du Syndicat Mixte des Gorges du Gardon entreprennent sa restauration. La partie la plus spectaculaire revient à Bernard Garibal, charpentier de moulins : sept tonnes de charpente , en provenance du Tarn, posée à cinq mètres de haut sur les trois mètres de diamètre du bâtiment . Il a été remonté en « Pilou » pour écraser les olives.

Un panneau entier est consacré à ces Aigles des garrigues à la Maison des Gorges du Gardon à Russan où nous faisons halte au retour. Une heure de visite complète bien notre journée sur les richesses naturelles et la biodiversité remarquable que recèlent ces gorges, espace protégé et classé « Réserve de Biosphère » de l’UNESCO.

Il nous reste à regagner Dions. Dernier arrêt près du pont submersible dans les galeries de la grotte de Baume Longue qui a servi longtemps de champignonnière. D’autres grottes remarquables truffent la commune de Dions, la grotte de l’Arabe, des Buissières, de la Cabane, de l’Imbert… Mais ce sera pour une aurtre fois. Pour l’heure, la Guinguette nous ouvre ses tables et les gâteaux d’anniversaire d’Élisa sont les bienvenus après ces18 km

On reprend gaiement le chemin, direction Russan, descente vers le Gardon qu’on pourrait traverser à gué. En 2002, tout était sous 3m d’eau ainsi qu’en témoigne le repère sur le mur de l’église. Montée par la Grand-Rue sur le plateau des Garrigues avant de s’engager dans une combe par une sente qui grimpe jusqu’à l’éperon rocheux du Castellas,  laissant au passage la grotte de la Trone fermée pour protéger les peintures pariétales. « Antoine, on mange quand ? Dans une demie-heure » Enfin le  Castellas, détruit lors des guerres de religion et dont seules quelques ruines  témoignent aujourd’hui. Le panorama est à couper le souffle sur les méandres et gourds d’un Gardon désespérémment asséché. « C’est là qu’on mange ? Non dans une demie-heure ; j’ai réservé à La Bergerie ! » Tiens une escaladeuse agrippée à la paroi verticale.

La petite troupe serpente en bordure de falaise à travers les férules décharnées. Attention à la cheminée de la grotte en contrebas. En vue la voûte de pierres de la Bergerie. C’est une ancienne grotte troglodyrte réaménagée au siècle dernier en Jasse de l’Abbé. Pas de traiteur en vue mais du vin ( blanc de Robert, rosé de Christian, rouge d’Antoine). Chocolat et gâteaux à volonté. Le redémarrage va être difficile ! Bingo! Un groupe a  tourné à gauche alors qu’Antoine tient à nous emmener sur un site interdit la plus grande partie de l’année, afin de préservger la quiétude nécessaire à la reproduction des trois couples d’Aigles de Bonelli.

Annick alias Red Zo

Magnifique journée. MERCI Antoine . À très vite sur les sentiers